Coup de cœur, crève-cœur

Les Raja Ampat font probablement partie d’un des derniers paradis sur terre. On a adoré l’eau turquoise, les coraux sublimes, les îles désertes et les plages de sable blanc. Cet archipel a tout pour être le jardin d’Eden.

Mais voilà…

Dans ces contrées, la nature humaine n’a que peu de considérations pour la nature elle-même. Jamais de ma vie, je n’avais vu autant de pollution plastique dans une mer ou un océan. Partout où vous allez, vous trouverez du plastique flottant ou souillant une plage idyllique. Je suis effaré et d’une tristesse énorme de voir un tel gâchis. Certes, la carte postale reste sublime, mais au fond de moi, c’est un véritable crève-cœur. J’ai été témoin d’une scène terrible lorsque j’ai vu un jeune requin de récif qui avait un cercle de plastique autour de son corps. En grandissant, le requin allait vers une mort certaine car le morceau de plastique n’allait pas grandir, lui. Et impossible de l’aider malheureusement. Un autre touriste a sauvé un poisson pris dans un sac plastique, vidéo à l’appui…

Ici, comme dans beaucoup d’autres pays sous-développés, il n’y a aucune éducation à ce niveau et encore moins de prise de conscience. Même les professionnels du tourisme n’y font pas attention. Voici un exemple frappant: lorsque notre bateau doit s’arrêter car un morceau de plastique s’est pris dans l’hélice, on enlève le plastique, mais on le laisse dans l’eau! On croit rêver (ou cauchemarder plutôt). En comparaison, les Galapagos vivent du tourisme (on peu même dire de l’éco-tourisme) et là-bas, ils sont extrêmement respectueux de la nature. Si on voit un minuscule morceau de plastique flottant à la surface, on stoppe les moteurs et on le ramasse. Tout le monde joue le jeu et ça devrait être ainsi partout dans le monde!

Lorsqu’on sait que les pays d’Asie du sud sont les plus gros pollueurs à ce niveau-là, il n’y a rien d’étonnant. Mais quand nos politiciens interdisent la vente des pailles en plastique en Suisse, je ne sais pas trop si je dois rire ou pleurer. Peut-être devraient-ils sortir de leur cuisine ou de la coupole fédérale pour voir ce qu’il se passe sous d’autres latitudes. Et je pense qu’il serait opportun qu’ils utilisent leur énergie pour mettre la pression sur les pays qui rejettent leurs déchets dans la mer par millions de tonnes! A mon avis, les aides qu’on octroie à de nombreux pays devraient cibler l’éducation avant tout.

L’éducation: c’est à cette seule condition que les choses peuvent évoluer dans la bonne direction.

par Yann Erard

Attention, les chiffres datent de 2010. Selon certaines données trouvées, l’Indonésie aurait reculé au 5e rang des pays les plus pollueurs à ce niveau. Est-ce une certaine prise de conscience ou une augmentation de la pollution d’autres pays? La question reste ouverte…


4 réflexions sur “Coup de cœur, crève-cœur

  1. Avatar de Claude Schaller
    Claude Schaller dit :

    Entièrement d’accord.

    Il faudrait taxé les plus gros pollueur, soit tous les pays en guerre et ou ceux qui sont sous dictature {d’une forme ou d’une autre}.

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  2. Avatar de Cavaleu
    Cavaleu dit :

    c est malheureusement vrai et effectivement l éducation serait un début mais tant que les gouvernements des pays touchés ne comprendront pas l importance pour leur pays. Il y a encore du boulot et parfois ce plastique ne provient pas nécessairement de chez eux.

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