Le Kilimandjaro: suite et fin

Du 21 au 25 juillet 2026

Jour 4: Kibo Huts – sommet du Kilimandjaro, Uhuru Peak (5895 m) – Kibo Huts – Horombo Huts

Ça pique un peu le réveil à 23h30, mais nous sommes motivés pour cette journée qui s’annonce très longue, mais surtout comme le défi de notre vie! Le challenge est tout autre que ce que nous avons vécu pendant les trois premiers jours. Tout d’abord le départ de nuit, par un froid glacial (environ -10 degrés au départ et -20 degrés au sommet), une altitude entre 4700 et 6000 mètres, un terrain de roche/sable volcanique instable et une pente progressive toujours plus raide! Voici une illustration du parcours emprunté…


Chacun de nous trois aura vécu cette expérience de manière bien différente et nous vous proposons de vous les faire découvrir pour bien comprendre que ce genre d’épreuve peut être vécue totalement différemment selon le ressenti. Voici nos impressions sur cette ascension:

Lola:
« Le réveil a été rude car j’ai trop peu dormi.
Le début de la montée n’a pas été trop difficile mais plus on montait et plus j’avais froid aux mains et aux pieds. Ce qui était dur mentalement, c’est qu’on voyait le bord du cratère, mais qu’à chaque fois qu’on regardait il paraissait toujours aussi loin…
Quand je suis enfin arrivée sur le bord du cratère, j’ai ressenti comme un premier sentiment d’accomplissement, mais je savais qu’il restait encore pas mal de marche jusqu’au point culminant. Quand nous sommes arrivés en haut, j’avais vraiment super froid car il faisait entre -15 et -20 degrés. Le lever de soleil était quand même sublime, même si je n’ai pas pu vraiment en profiter. Sur le moment, j’avais tellement froid que je n’ai pas vraiment pensé à l’accomplissement que nous avions réussi. Mais en redescendant, je me suis rendu compte que ce qu’on avait fait était incroyable et inoubliable. J’étais vraiment très fière de moi d’avoir gravi ce sommet. La descente était vraiment cool car c’était du sable et c’était relativement facile. »

Yann:
« Supportant mal l’altitude, je m’attendais à une ascension très difficile, mais c’était encore plus dur que j’imaginais… Dès le départ, le souffle est court et la pente est plus raide que ce que nous avons eu jusqu’ici. Après quelques centaines de mètres, les effets se font sentir: Chaque pas pèse une tonne; le manque d’oxygène est criant et mes poumons brûlent à chaque inspiration; le froid transperce lorsqu’il y a un coup de vent (par chance, c’était assez rare); pour couronner le tout, les Camelbacks ont gelé et ce n’était donc pas possible de boire en dehors des pauses; au niveau de la nourriture, on ne peut presque pas manger car on est trop essoufflé. L’énergie est donc au plus bas et on puise dans toutes nos réserves.
Quoi qu’il en soit, les premiers 1000 mètres de dénivelé sont extrêmement difficiles et raides, puis nous arrivons sur le bord du cratère, à Gilman’s Point. C’est une première réussite, mais ce n’est pas encore terminé car il reste encore 200 mètres de dénivelé en environ 1h30 le long du cratère pour atteindre le point culminant. Ma tête ne pense plus, mes jambes bougent de manière automatique et ce n’est plus que le mental qui me fait avancer, malgré une grande fatigue et le manque d’énergie. Il faut avancer et ne pas s’arrêter, coûte que coûte… Finalement, nous arrivons tous les trois au sommet quelques instants avant le lever du soleil. Les lumières sont magnifiques et c’est un sentiment absolument fou de se trouver sur le toit de l’Afrique. Une grande émotion. Le froid nous empêche cependant de profiter pleinement de l’instant et nous ne nous attardons pas.
Maintenant que le plus dur est fait, le retour n’est pas une mince affaire: il faut déjà redescendre jusqu’au camp de base dans le sable volcanique, ce qui est assez aisé, puis encore marcher les 12 km qui nous séparent du campement du jour. C’est très long, mais le sentiment d’avoir réussi m’aide à avancer. Je suis surtout content d’avoir accompli ce défi tous les trois et je félicite particulièrement mes deux amours d’avoir bravé le froid, ce qui était leur plus grande crainte. »

Zaza:
« Gravir le Kilimandjaro, c’était mon idée! Et je peux dire, avant toute chose, que je suis si fière de mes deux compagnons de route d’avoir déjà relevé le défi et encore plus de l’avoir réussi!
Cette expérience hors du commun sera, encore une fois, un souvenir inoubliable parmi de nombreux autres. C’est quand même la première fois qu’on me sert au lit dans mon sac de couchage, un thé chaud à chacun de mes réveils! Yann n’a qu’à bien se tenir à partir de maintenant 😊
Cette aventure, en plus que d’être sportive, a été une aventure humaine accompagnée de magnifiques personnes qui ont rendu possible la réalisation de ce rêve.
Il est clairement pour moi non envisageable de faire ce type d’ascension sans préparation et je dirais que dans la réussite, il y a une grande partie personnelle physique et mentale, mais une autre grande partie de tout ce qui est autour et qui rend possible cette aventure.
Il ne faut clairement pas être douillet, ni avoir des attentes de confort et être prêt à affronter des moments éprouvants et sortir de sa zone de confort.
Pour ma part, j’ai physiquement vraiment bien vécu cette ascension.
Je savais, par des expériences ultérieures, que mon corps résiste très bien à l’altitude et j’en suis très reconnaissante, mais je n’étais quand même pas montée si haut et avec un tel cumul d’efforts.
De plus, la réussite dépend de tellement de facteurs qu’on ne peut pas toujours maîtriser (santé, digestion, sommeil, etc.).
Pour moi, vraiment, la difficulté a plutôt été l’inquiétude que j’avais pour Yann et pour Lola, ainsi que la gestion du froid au niveau de mes extrémités, notamment au niveau de mes mains. Je pense que la plupart d’entre vous n’auront pas de peine à me croire!
Au final, je reviens le cœur et l’esprit remplis de magnifiques souvenirs et d’une fierté si grande avant tout vis-à-vis de Lola, puis de Yann et enfin envers moi-même.
Comme je l’ai dit à Lola, et à de nombreuses personnes le long de cette aventure, pour moi, c’était avant tout une leçon de vie qui apprend la persévérance, la connaissance et le dépassement de soi, l’entraide et le respect de la montagne et de soi-même.
Merci et Hakuna Matata »

Distance: 19,8 km
Dénivelé: + 1350 m / – 2350 m
Durée: 13h30
Point culminant: 5895 m
Altitude à l’arrivée: 3720 m


Jour 5: descente finale

Après une dernière nuit glaciale (toujours 2 degrés environ dans les huttes !), nous attaquons la descente finale à travers les mêmes paysages vus quelques jours plus tôt. De temps en temps, nous nous retournons et nous apercevons encore cette majestueuse montagne et nous nous rendons compte de ce que nous avons accompli.

Distance: 15 km
Dénivelé: – 1300 m
Durée: 4h00


Repos à Moshi

Après tous ces efforts et ces émotions, nous profitons d’une journée de récupération à notre hôtel. Le repos est tout relatif car il faut faire de la lessive, nettoyer les tonnes de poussière, réorganiser les bagages pour la suite du voyage… Bref, un repos actif!


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